18945559de M. Night Shyamalan
2/5
La mise en scène de Shyamalan est toujours aussi sophistiquée pour susciter l'effroi, le suspens et la pulsion scopique (si chère au cinéma d'Hitchcock). Mais derrière cette mécanique qui en roule (auto-lol), qu'est-ce que ce conte ni vraiment fantastique ni vraiment fantaisiste nous dit-il ? C'est là que pêche l'ultra premier degré de la narration. Comment imaginer que le cinéaste puisse confondre science et intuition ésotérique sortie tout droit d'un épisode de Scoubidou ? Devrait-on expliquer aux américains de base que cette "science" abstraite qui semble les fasciner dans ses rites analytiques dogmatiques n'a rien à voir avec la raison scientifique. Le cours scolaire donné par le personnage principal au début du film est à ce niveau édifiant, surtout lorsqu'il trouvera son débouché (anti-darwiniste) dans l'hypothèse de résolution du scénario. Il n'y a plus qu'un pas pour soutenir que le film frôle la parabole mystique fondamentaliste, surtout en ces temps où les théories scientifiques de l'évolution du vivant (les vraies cette fois-ci) sont gravement remises en question dans l'enseignement national. Cependant, on peut concéder à Shyamalan, sans doute idéologiquement plus maladroit que néfaste, d'avoir réalisé dans une séquence isolée le spot publicitaire le plus pertinent qui soit pour dénoncer la répugnante dangerosité de l'américain bouseux réactionnaire armé. Le cinéaste ne sait donc pas vraiment artistiquement où aller, sans doute cherche-t'il par nostalgie les traces de Tippi Hedren ("Les Oiseaux") fuyant cette même nature hostile, dommage pour lui car un autre mieux inspiré (Gus Van Sant) les a déjà recouvertes avec des skateboards.