18926800de Takahiro Imamura
4/5
Le sentiment un peu dommageable d'assister à un condensé trop chargé en événements est probablement dû au fait que ce long-métrage première partie tente de résumer un manga déjà doublement adapté sous la forme d'une série animée. Mais au-delà de ce rythme en sur-régime, cette oeuvre capte à mes yeux le plus idéalement toute l'essence emblématique de l'animation japonaise : fusion paradoxale entre violence paroxystique et romantisme exacerbé. Le dessin est admirablement appliqué : les ombres crayonnées et les tonalités variables transformant la moindre expression de visage, les décors post-apocalyptiques dégageant une fascination morbide bien plus prégnante que dans n'importe quelle reconstitution filmique (sur les traces de Mad Max), le graphisme soit disant gore évitant très habilement toute vulgarité en privilégiant la suggestion et une certaine part d'abstraction. On excusera les commentaires verbaux souvent insistants lors des affrontements, car il faut dire que malgré cette galerie de corps monstrueux aux tailles disproportionnées, la victoire ne réside pas dans la force musculaire mais dans le surpassement cérébral quasi mystique pour l'exécution de techniques de combat maîtrisées par une poignée d'initiés héritiers en arts martiaux d'élites imaginaires dont le spectateur ne peut percer les secrets et enjeux sans didacticiel. Ces duels titanesques façonnent symboliquement la mythologie futuriste d'une humanité en perdition dans un monde post chaos nucléaire. Même si l'on ne peut nier le caractère outrancier voire grotesque de la représentation, le maniérisme obstiné de la réalisation transcende l'oeuvre avec une fulgurance totalement jouissive.