Ciné Julien (prenomjulien@hotmail.fr)

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24 avril 2008

Funny games U.S.

18926119de Michael Haneke
5/5
Entreprise compliquée que de s'exprimer sur cet auto remake américain par le cinéaste autrichien (seulement 10 ans après), ambition toute aussi impressionnante que difficilement réductible. Le même film, les mêmes lieux, et mêmes prénoms. La différence qui saute aux yeux c'est la nouvelle incarnation des personnages par des acteurs universels dont l'aura vient encore un peu plus pervertir l'oeuvre originelle. Micheal Pitt en première ligne. Comment ne pas avoir à l'esprit, bien que dans un registre d'interprétation totalement opposé, la villa retirée de "Last Days" de Gus Van Sant. Mais plus généralement, comment ne pas lire dans cet étrange et inédit projet le décalque éminemment irrévérencieux des styles Haneke/Van Sant, qui nierait l'aspiration nationale, voire, au dernier degré, l'intégrité des auteurs. A propos de cet autre réalisateur (peut-être le plus grand héritier contemporain d'Alfred Hitchcock), rappelons qu'il s'était déjà adonné à l'exercice du remake mais dans une problématique différente puisqu'il s'attaquait au chef d'oeuvre des chefs d'oeuvres du panthéon cinéphile. Ces réseaux de références s'entrechoquent et résonnent ici avec une profondeur qui ne peut que forcer l'admiration pour l'audace et l'impertinence d'un tel tour de force. Mais bien au-delà de toutes considérations esthétiques culturelles, "Funny Games" c'est littéralement le rapport que l'artiste établit avec chaque spectateur. Mes voisins qui sont sortis au milieu de la projection ont-ils perdu la partie ? Il est vrai que la très grande cruauté mise en scène (jamais directement, tout est toujours remarquablement suggéré) ne peut laisser sans réaction. "Ce sont deux homosexuels refoulés, ils sont dégénérés", entendais-je derrière moi au moment du générique, à haute voix sans doute pour tenter d'évacuer la stupeur du cauchemar en se réappropriant une logique et une rationalité que le film passe son temps à évacuer. Or, là n'est - en réalité - jamais la question. Le jeu d'Haneke est absolument parfait, et il confirme justement cette perfection avec cette criante répétition dont l'ironie distancière est complètement revendiquée. Il faut dire que les indices parsemés étaient aussi énormes que toutes ces maisons de rêve. Quelle leçon de regard...

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17 avril 2008

Lady Jane

18889864de Robert Guédiguian
4/5
Un polar existentiel qui (malgré peut-être quelques longueurs ou incongruités), nous remémore le précieux talent du cinéaste en la matière ("La ville est tranquille" en 2001). Et saluons l'exploit singulier de celui qui réussit depuis plus d'une décennie à ne jamais s'enliser, ni artistiquement, ni humainement, avec son inaltérable bande d'acteurs (Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin).

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15 avril 2008

Le premier venu

18909892de Jacques Doillon
4/5
Au delà de quelques épanchements thématiques sur la déserrance morale légèrement attendus, cet exercice cinématographique alternatif devenu finalement très classique (sorte de Bonnie And Clyde français d'aujourdhui) s'en sort parfaitement, tiré en premier lieu par la puissance expressive d'un Gérald Thomassin en parfait zonard romantique. Mais la réputation du cinéaste est-elle encore à faire dans ce domaine...

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J'ai toujours rêvé d'être un gangster

18796489de Samuel Benchetrit
2/5
Pour ce qui concerne l'aspect comédie, je trouve les situations souvent poussives et faiblement originales, préférant de loin dans ce genre underground et décalé l'inspiration et la spontanéité de la paire Kervern-Délépine (Aaltra et Avida). Pour ce qui concerne l'ambition générale très bancale du projet je citerais cette phrase idéale de Fabien Baumann de la revue Positif : "Le problème c'est qu'il n'est ni Scorsese ni Jarmush (...), et qu'il s'invite à une table où l'on n'est pas certain qu'il ait sa place."

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Beaufort

18920480de Joseph Cedar
4/5
Film hautement claustrophobe, beaucoup plus symbolique que social. Dans ce château au Liban, lieu militaire stratégique occupé depuis vingt ans par l'armée Israelienne, en proie aux attaques quotidiennes d'obus tirés par un ennemi invisible, les relations humaines entre soldats piétinent et s'enlisent, à l'image de la mission dont ils ont arbitrairement été investis, n'ayant d'autre alternative finale que l'abandon et la destruction de la forteresse mortifère. Une histoire de deuil.

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A bord du Darjeeling Limited

18893323de Wes Andreson
3/5
Il est vrai que Wes Anderson impose un certain ton de mise en scène non dénué d'originalité. C'est même sans doute lorsqu'il a le plus d'audace qu'il séduit idéalement (je pense à la séquence du travelling surréaliste dans le couloir du train). Cependant mon enthousiasme ne se cantonne qu'à quelques sourires complices parce que je n'adhère pas exactement avec l'humour cocasse un peu trop accaparant, qui, voulant pudiquement tempérer cette émotion fraternelle qui survole le récit, se révèle à mon sens presque contre-productive (même si ce n'est pas exactement raté pour autant).

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