25 juillet 2007
Les Simpson - le film
de David Silverman 2,5/5
Quel monument les Simpson ! Après 18 ans d'existence sort la première adaptation en long-métrage. Il faut saluer la longévité, la régularité et surtout l'intégrité de son créateur Matt Groening qui ne s'est laissé séduire par ce que l'on pourrait qualifier de produit dérivé que si tard (contrairement à tant d'autres qui passent à l'exercice dès que le succès se pointe, South Park le premier). Le film tiré d'une série d'animation ce n'est évidemment pas le Saint Graal. On serait même tenté de crier au blasphème, tant l'oeuvre longue unique ne se prête pas du tout à la satire quotidienne et à l'élaboration minutieuse et parfaite d'un monde qui est devenu une véritable saga aux dizaines et dizaines de personnages récurrents. C'est l'occasion d'apprécier une sorte d'épisode bonus, à l'image de ce qu'étaient déjà les séries spéciales Halloween. Evidemment ce film n'est rien en comparaison de ce que sont ces près de 400 autres épisodes. Il est d'autre part intéressant de constater la réaction du public jeune (4-9 ans) dans une salle de cinéma VF (il faudra que l'on m'explique clairement ce qu'est la VO d'un dessin...). Les rires "adultes" et les rires enfants (sur les cascades et trouvailles visuelles) sont très décalés ou diffèrent de registre. Le plus bel exemple en est la séquence d'ouverture d'"Itchy et Scratchy" qui fait exploser de rire tous les gamins, alors que cette démonstration de cartoonerie gore renvoyant aux dérives du divertissement sans limite doit faire rire jaune. On entend en direct dans la salle l'écho aux rires des enfants Simpson qui regardent cette série, ce qui fait un petit peu froid dans le dos. Mais au bout d'une bonne demi-heure on sent les enfants lassés, ce qui n'est pas plus mal. En fin de compte, si ce devoir de sortie familiale peut donner à plus d'un parent la curiosité et peut-être la vocation des Simpson, pour les ignorants qui continueraient de penser que c'est pour les enfants, alors le film aura eu une très noble utilité. Ce n'est pas du grand cinéma, c'est juste un avant-goût du très grand Matt Groening.
19 juillet 2007
2 Days in Paris
de Julie Delpy 3/5
Difficile de ne pas entendre Woody Allen derrière chaque réplique. Mais la comparaison pèse en la défaveur du film, notamment à cause de la faiblesse générale du casting (Adam Goldberg excepté) et le manque de charisme et l'actrice/réalisatrice. Film très irrégulier, parfois lourd (voix off), souvent drôle (même si toujours en dessous du maître), mais néanmoins touchant en certains moments par sa sincérité et sa spontanéité, et avec beaucoup de modestie de la part de la cinéaste.
13 juillet 2007
Joe Strummer : The futur is unwritten
de Julien Temple 2,5/5
Il est bien difficile de donner un avis sur ce genre de documentaire. Doit-on plutôt juger le travail d'archives ou l'effort d'une mise en scène personnelle (au risque d'une réappropriation inconvenante du "mythe" musical) ? Et sur quel autre document porter la comparaison ? D'un point de vue historique (revenant à se demander si la vie de Joe Strummer méritait d'être développée dans un long-métrage) la réponse est oui. Mais la touche créative du réalisateur est-elle a la hauteur ? Ma réponse est non. A l'image de cette longue série d'interviews réalisées récemment pour l'occasion autour d'un feu de camp nocturne, avec ce maniérisme lourd et stupide de systématiquement laisser échapper des flammes dans le bas du cadre. On voit et on apprend beaucoup de choses intéressantes (pour ceux qui ne connaissaient pas si bien le personnage comme moi), mais on s'agace en même temps du style soit-disant décalé (effets de montage par de petits inserts) finalement très prétentieux.
10 juillet 2007
Persepolis
de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud 4/5
(Ne connaissant pas la bande dessinée originale je ne m'étendrai pas). Tout est intelligemment pensé. La chronique historique, le drame personnel, l'humour décapant. La réalisation de l'animation, au delà du style graphique, est une merveille plastique en parfaite cohérence avec l'histoire contée.