Ciné Julien (prenomjulien@hotmail.fr)

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29 avril 2007

Anna m.

18748689De Michel Spinoza 1/5
Je ne comprends pas que l’on puisse se contenter d’illustrer une idée pour en réaliser une œuvre de cinéma. Comme si le réalisateur avait à tout prix souhaité extérioriser un tourment très personnel (avec cette grave histoire de pathologie mentale), misant tout sur la compassion et l’émotion. En dehors de la mise en place du sujet, il ne se passe absolument rien, tous les personnages ne sont que de simples archétypes invariants. Passons les quelques tentatives esthétisantes à la limite du grotesque, plus l’expérience dure et plus on se décourage d’attendre la plus minime des intentions. Un beau gâchis en regard de l’implication de ce rôle de composition si expressif pour la pauvre Isabelle Carré. (Le dernier film de Jean-Claude Brisseau, « Les Anges exterminateurs », illustre mon exact avis opposé pour cette même volonté à traiter des violents ravages de l’obsession et de la jalousie sexuelles).

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17 avril 2007

Le Vieux jardin

18749680de Im Sang-soo 2/5
Un film sur la nostalgie et l’amertume d’une rébellion manquée durant les manifestations étudiantes du printemps de Séoul. Entrecroisements poétiques des époques en reflétant la mémoire d’un ex-révolutionnaire qui sort de prison 17 ans après et qui cherche les traces de son passé. Malheureusement c’est beaucoup trop classique pour sincèrement émouvoir du début à la fin. Quant à la réflexion politico historique, elle stagne à un niveau didactique assez conventionnel. Un peu trop d’ambition (ou pas assez ?).

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14 avril 2007

Belle toujours

18751955De Manoel de Oliveira 2/5
Il fallait oser provoquer une suite au chef d’œuvre de Luis Bunuel « Belle de Jour », faisant se revoir 40 ans après les deux personnages emblématiques incarnés par Catherine Deneuve et Michel Piccoli. Premier faux pas, pas de Deneuve. On peut se dire, en tirant vraiment par les cheveux, que l’on est encore dans l’esprit bunuelien de son dernier film « Cet obscur objet du désir ». Mais au-delà ? A quoi bon faire ressortir du placard les souvenirs, tenter de les re-développer, en chercher une évolution, mais à peine esquissée pour ne pas aller trop loin et éviter le sacrilège de la réinterprétation gratuite de l’œuvre originale. J’ai très rapidement compris qu’une telle entreprise, qui mise tout sur l’hommage et la fidélité, était tout simplement impossible. Un seul plan et c’est déjà trop. Ce n’est pas que Manoel de Oliveira ne sache pas faire du cinéma, bien au contraire... Il faudrait finalement peut-être voir ce film comme si le précédent n’avait pas existé. (Mais comment ne pas conseiller de loin l’authentique ?)

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13 avril 2007

Ne touchez pas la hache

18727077De Jacques Rivette 5/5
Sans doute le récit le plus tragiquement romantique qu’il m’ait été donné de voir au cinéma. Je dois également affirmer que l’art de l’adaptation littéraire (à partir d’un roman de Balzac) par Rivette est ici absolument sublimé.

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06 avril 2007

El Custodio

18747781de Rodrigo Moreno 4/5
Une sorte de dispositif d’observation, de surveillance, braqué sur ce garde du corps à l’expression si impénétrable. Sa fonction c’est l’attente de l’événement dramatique qui surviendra, ou ne surviendra pas. Mais comment percer le mystère et le sens de ce que l’on peut craindre de ne jamais voir arriver. Et quels drames humains inattendus, quelle ultime et sournoise lutte de classes, se dissimulent derrière les jeux et attitudes du polar ? C’est aussi juste et brillamment exécuté que l’Elephant de Gus Van Sant (je n’en dis pas plus sur ma comparaison).

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04 avril 2007

Angel

18712319de françois Ozon 4/5
François Ozon ne veut jamais faire du cinéma comme les autres (et tant mieux), proposant un paradoxal et déroutant mélange de parodie et d’hommage au genre classique de la "success story". Angel est clairement un personnage superficiel et antipathique, ce qui apporte un second degré humoristique tout à fait inattendu. Chaque personnage se moque des autres et le cinéaste se moque de ce petit monde tout autant, mais n’exclut jamais une certaine compassion émouvante. Car tout jugement strict de goût, toute posture intellectuelle inflexible, dans le monde de l’art et du spectacle, n’est jamais très loin de la duperie en fin de compte.

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