Ciné Julien (prenomjulien@hotmail.fr)

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28 février 2007

Nue propriété

18716368de Joachim Lafosse 2/5
Que pourrais-je vraiment reprocher à ce film ? Rien de particulier. Pas de défaut apparent, un style de cinéma social du nord à petit budget très classique, et qui me réussit toujours très bien (Les Dardenne loin en tête). Mais à contrecœur c’est bien l’ennuie et la banalité qui ressortent ici principalement. Et puis on ne voit pas très bien où le drame final mène-t’il, en dehors de chercher à créer un peu de profondeur au récit, mais cela sonne plus incongru et artificiel qu’autre chose.

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24 février 2007

Lettres d'Iwo Jima

18721540de Clint Eastwood 4/5
Ce n'est pas si mal de voir quasi-simultanément la suite d'un film ("Mémoire de nos pères" sorti il y a 3 mois) qui n'est en réalité pas une suite, mais l'envers de l'autre, soit la conquête de l'île d'Iwo Jima par les américains, mais vue du côté japonais (précisons qu'il n’est pas nécessaire d’avoir vu le premier, les deux films sont indépendants). Ils partagent en tout cas cette intelligence de ne se focaliser que sur leur propre camp, ce qui pose immédiatement la question cruciale de l'autre, l'ennemi, celui que l'on hait, mais surtout celui qu'on ne connaît pas et que l'on veut pas chercher à comprendre, de peur peut-être de remettre la légitimité de la guerre en cause. Mais il n'y a pas qu'un simple argument d'une critique naïve et idéaliste. Dans cet opus, le thème central c'est la mort, l'honneur de mourir au champ de bataille. Ce dernier corps d'armée se sait foutu d'avance mais l'Empire sacrifie volontairement ses hommes, car se rendre n'est pas tout à fait dans l'esprit de ce peuple. Malgré la détermination et le conditionnement du soldat japonais, cette mission ne se fait pas sans doutes et angoisses (c'est beaucoup plus un drame psychologique qu'un film de guerre). Il en résulte une vision romantique (bien que tempérée) du sacrifice humain, presque à l'encontre de la dénonciation politiquement-correcte de la barbarie. Je trouve que cette ambiguïté rare est justement la très grande force du film.

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21 février 2007

Inland empire

18719097de David Lynch 5/5
Les vrais amateurs de David Lynch ne seront ni déçus ni dépaysées et en auront pour leur argent avec ces trois heures de bobine. Je me pose néanmoins beaucoup de questions sur ce cinéaste dont j'ai l'impression que chaque oeuvre est une sorte de variation sur ses précédentes. Comme d'habitude, un patchwork labyrinthique complètement éclaté et mélangé de séquences, situations, personnages, tous plus mystérieux et inquiétants les uns que les autres et dont il est évidemment vain d'en chercher une logique objective. Ajoutons cependant un détail esthétique d'envergure même si cela ne saute pas spécialement aux. Tout le film est tourné en vidéo. Je trouve que c'est une grande réussite qui permet selon moi d'aboutir à certaines séquences absolument magistrales qui dépassent le trip esthétisant, qui peut être vu à la longue comme sur-fait, et se rapprochent d'une captation beaucoup plus sensible à échelle humaine (plus européen qu'hollywoodien). Anecdote complètement narcissique et inutile : la phrase finale de la chanson sur le dernier plan (pas sur le générique, juste avant) est une réponse au dernier film que j'ai réalisé en 2005 (même si David ne l'a jamais vu) "Something is happening"...

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19 février 2007

Substitute

18736479de Vikash Dhorasoo et Fred Poulet 3/5
Documentaire en auto-portrait à l'amateurisme complètement assumé et même revendiqué. Avec une caméra Super 8 presque jamais stabilisée ni mise au point, on se ballade durant la dernière coupe du monde avec le joueur remplaçant qui nous fait partager sa déception et sa déprime de ne jamais être sélectionné. Il ne parle pas vraiment ballon, il ne parle d'ailleurs pas beaucoup (ou se répète). Tout est dans la captation sensible et intime de ces petits instants de vie solitaire. La vision finale, très brute et dépouillée, peut lasser, voire agacer dans la tentation des deux auteurs à tomber dans une certaine prétention artistique. Mais il s'en dégage tout de même un certain charme probablement du à l'entière liberté de ton de cette démarche on ne peut plus inédite.

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La Vie des autres

18708574de Florian Henckel von Donnersmarck 2,5/5
Le film est vraiment captivant et émouvant jusqu'à ce dénouement pathos qui anéantit toute subtilité. Je dirais même que c'est tout le propos du film qui s'effiloche. Comme si la seule chose à retenir était la bonne morale politique anti-totalitariste, avec l'hommage rendu à ces petits héros de l'ombre qui ont su résister sans gloire. Sauf qu'elle leur est plus que rendue durant les 15 dernières minutes interminables paradoxalement entièrement Hollywoodienne où on nage en pleine émotion surjouée avec violons omniprésents. Honnêtement je ne peux plus vraiment juger cette oeuvre comme elle devrait l'être.

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