10 novembre 2006
Shortbus
de John Cameron Mitchell 0/5
Il ne s'agit pas du film étendard militant de la liberté sexuelle pour lequel il essaie de se faire passer. Rempli de clichés, de thèses ultra-véhiculées, de fausses subversions prétentieuses, notamment sur la représentation libre et "fun" des rapports sexuels, avec pour but manifeste de provoquer des "Oooh" gênés ou des rires complices dans la salle. Pourtant, derrière tout ce faste et cette mascarade se cache une très banale comédie sentimentale qui ferait passer "Pretty woman" pour un film à voir et à revoir. Pour ceux qui auraient le courage de rester jusqu'à la fin, le dernier quart d'heure c'est l'apothéose de la mièvrerie dégoulinante et du sentimentalisme triomphant dans toute sa splendeur, sur des effets cinématographiques des plus grossiers, presque obscène pour le coup.
Commentaires
C'est un peu nul, cette critique. Tu vois beaucoup de films où quasiment toutes les sexualités/perversions/postures sont représentées à égalité, sans pudeur ni censure, et sans moralisme et/ou dolorisme ? Non.
Le sexe est ludique et drôle, dans ce film, mais alors pas du tout avec l'"unique but manifeste de provoquer des "Oooh" gênés ou des rires complices dans la salle", comme tu l'écris idiotement. C'est justement une position bien ridiculement puritaine que celle-ci.
Finalement, tu dis "même pas peur, même pas mal", avalisant ainsi l'idée que le sexe est choquant, alors qu'il n'est montré, dans le film, que pour dédramatiser, donner un effet comique et prôner, effectivement la tolérance.
La fin de ta critique est complètement réactionnaire (le trip "les effets c'est caca"), et il n'y a strictement aucun sentimentalisme.
En fait, cela importe peu qu'il y ait beaucoup de films ou non qui montrent le sexe sans censure. Je trouve que ce qui se dégage de ce film c'est justement l'affichement complet d'une abolition de la censure, là où moi je trouve que l'intelligence c'est de montrer le sexe de manière tout à fait honnête, comme le film Ken Park de Larry Clark. Je sais parfaitement que ma position peut être prise comme puritaine, et pourtant j'en suis à l'opposé idéologiquement. Quant au fond du film, je le trouve inexistant. Et les effets, je les adore dans 2001, dans le dernier Kitano, pour ne citer que des exemples complètement différents, mais les effets ne sont rien à eux seuls. J'ai toujours jugé un film (plus généralement une oeuvre) à la hauteur de ses prétentions. Voilà pourquoi j'adore le dernier Woody Allen et je déteste ce film.
Wahou... Les oppositions fond/forme et effets/"honnêteté" (sic) qui émaillent ton texte relèvent de la phraséologie archaïque à la Ciné Live... On croirait entendre Dédé le paysan qui parle d'un film.
Je ne vois pas de différence dans le "traitement" du sexe entre Ken Park et Shortbus, au contraire, ce qui est frappant c'est la très grande similitude qu'il y a entre ces deux films, sur ce point précis. L'autoéjaculation buccale rappelant immanquablement la masturbation frénétique (et dégueulasse, pour le coup) de Ken Park.
"Les effets ne sont rien à eux seul". C'est puissant.
Effectivement, Shortbus est un film extrêmement prétentieux, dôté d'un budget immense et qui, par sa mise en scène et son scénario, est un hymne présomptueux et arrogant...
Drôle et/mais grotesque.
Je suis brave de me laisser gentillement humilier. Je n'ai pas saisi à quel endroit j'ai parlé d'opposition effet/honnêteté. L'honnêteté j'en ai parlé pour le sexe explicite, alors que les effets que je n'ai pas appréciés n'interviennent qu'à la fin, là où justement il n'est plus question de sexe explicite. Je ne comprend pas pourquoi vous vous acharnez à voir dans mes phrases des constructions de dissertation. Je n'écris que des petits textes courts, donc tout est regroupé. Et je n'ai pas spécialement envie de prouver quoi que ce soit, peut-être devriez-vous justement aller lire les justifications de mon blog. Moi j'ai envie de voir une différence entre Ken Park et Shortbus, tout simplement parce que dans ce dernier il y a un ton humoristique très prononcé (qui sonne pour moi comme une dédramatisation du sexe, or je trouve que vouloir dédramatiser le sexe C'EST ACCEPTER QUE LE SEXE EST UN DRAME). Ce ton justement prôné par la culture gay que l'on voit ici représentée (principalement incarnée par l'ahurie du couple). C'est difficile de ne pas voir dans le film une sorte de manifeste facile pour l'amour et le sexe libres, en jouant la carte du second degré (c'est ce que j'ai critiqué comme étant archaïque, oui je déteste les films pédagogiques, ils n'ont pas leur place pour moi dans l'art, c'est un choix personnel assumé).
Mon dieu, ce qu'il ne faut pas entendre!
Un conseil, baise un peu, ça te fera du bien!
"je trouve que vouloir dédramatiser le sexe C'EST ACCEPTER QUE LE SEXE EST UN DRAME"
Le drame, c'est toi, à n'en pas douter!
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